Article vérifié le 01/06/2026. Crédit Leaf est un cabinet de courtage indépendant en crédit (IOBSP, ORIAS n° 18002064, membre Courtensia, association agréée ACPR), en activité depuis 2003.
Commission de surendettement : comment bien se préparer
Vous venez de déposer un dossier de surendettement et vous êtes convoqué devant la commission ou devant le juge — et vous ne savez pas trop ce qui vous attend. C’est normal : la procédure est peu connue, et le stress d’une telle situation n’aide pas à garder les idées claires.
Ce guide répond à la question que tout le monde se pose avant le rendez-vous : que faire, que dire, quoi apporter ? On démystifie aussi la différence entre la commission et le juge, deux étapes distinctes que beaucoup confondent.
Au programme : rôle de chaque acteur, documents à préparer, posture à adopter lors de l’audience, et ce qui se passe après la décision.
Commission vs juge : qui décide quoi ?
La commission de surendettement de la Banque de France n’est pas un tribunal. C’est un organe administratif composé de représentants de l’État, des créanciers et d’associations de défense des consommateurs. Son rôle : évaluer votre situation financière, puis proposer (ou imposer) des mesures d’apurement de vos dettes.
Le juge du tribunal judiciaire n’intervient qu’à des moments précis de la procédure :
- Si vous ou un créancier contestez une décision de la commission.
- Si la commission sollicite un rétablissement personnel (effacement des dettes), qui nécessite une homologation judiciaire.
- En cas de liquidation judiciaire dans le cadre d’un rétablissement personnel avec liquidation.
En résumé : dans la grande majorité des cas, vous ne passez pas devant un juge, mais devant la commission de la Banque de France. Si vous êtes convoqué par un tribunal, c’est que votre dossier a atteint une étape spécifique — votre convocation précise laquelle.
| Interlocuteur | Rôle | Moment |
|---|---|---|
| Commission (Banque de France) | Instruit le dossier, propose ou impose un plan | Étapes principales de la procédure |
| Juge (tribunal judiciaire) | Tranche les litiges, homologue certaines mesures | Contestation, rétablissement personnel |
Comment se préparer : documents et posture
Les documents à rassembler
Avant le rendez-vous ou l’audience, constituez un dossier complet. Même si vous avez déjà fourni des pièces lors du dépôt, venez avec tout en double :
- Justificatifs d’identité (carte d’identité ou passeport en cours de validité).
- Justificatifs de revenus : trois derniers bulletins de salaire, dernier avis d’imposition ou de non-imposition, attestations CAF/Pôle emploi si applicable.
- Justificatifs de charges : quittances de loyer ou taxe foncière, factures EDF/eau/internet, contrats d’assurance, frais de santé importants.
- Relevés de comptes bancaires des 3 derniers mois.
- Tableau récapitulatif de vos dettes : montants restants dus, créanciers, mensualités. Si la commission vous en a fourni un, vérifiez-le et signalez toute erreur.
- Tout justificatif d’un changement de situation depuis le dépôt (perte d’emploi, séparation, maladie, nouvelle charge) — c’est souvent l’élément le plus utile à apporter.
Si votre situation a évolué depuis le dépôt du dossier (revenus en baisse, nouvelle dépense contrainte, divorce), signalez-le impérativement. La commission tient compte de la situation réelle au moment de l’audience, pas uniquement des données initiales.
La posture à adopter
La commission n’est pas là pour vous juger moralement. Son objectif est de comprendre votre situation pour proposer une solution adaptée. Quelques principes :
- Soyez factuel et précis. Décrivez vos charges incompressibles (loyer, alimentation, transports pour aller travailler, frais médicaux) sans minimiser ni exagérer.
- Restez calme et concis. Inutile de vous justifier longuement : concentrez-vous sur les faits financiers.
- Posez vos questions. Si vous ne comprenez pas une mesure proposée ou une notion employée, demandez des explications. C’est votre droit.
- Ne venez pas seul si vous le pouvez. Vous pouvez être accompagné par un proche ou par un travailleur social. Un avocat n’est pas nécessaire pour la commission (mais peut être utile si vous contestez une décision devant le juge).
Ce qu’il faut expliquer sur votre situation
L’objectif de cet échange n’est pas de « gagner » un procès, mais de permettre à la commission de construire un plan réaliste. Voici ce sur quoi elle va se concentrer :
- Votre reste à vivre : vos revenus diminués de toutes vos charges incompressibles. C’est le montant disponible pour rembourser vos dettes. La commission vérifie qu’il reste suffisant pour vivre dignement.
- La nature et l’origine de vos difficultés : perte d’emploi, maladie, séparation, accident de la vie… Ces éléments de contexte n’effacent pas la dette, mais peuvent orienter le type de mesures proposées.
- Votre bonne foi, au sens de l’article L. 711-1 du Code de la consommation : vous ne devez pas vous être surendetté de manière frauduleuse. La commission évalue cela, mais dans la pratique, la bonne foi est présumée chez les particuliers.
Après la décision : les suites possibles
À l’issue de l’examen de votre dossier, plusieurs issues sont possibles :
- Plan conventionnel de redressement : négocié entre vous et vos créanciers, avec des échéanciers réaménagés. La durée maximale est de 7 ans.
- Mesures imposées par la commission : si aucun accord n’est trouvé avec les créanciers, la commission peut imposer un rééchelonnement, une réduction des taux d’intérêt, voire une suspension des dettes.
- Rétablissement personnel (avec ou sans liquidation) : en cas d’insolvabilité totale et irrémédiable. C’est la mesure la plus radicale — elle peut mener à l’effacement des dettes non professionnelles, mais implique une liquidation des actifs si vous en possédez.
Si vous n’êtes pas d’accord avec la décision de la commission, vous disposez d’un délai de 30 jours pour la contester devant le tribunal judiciaire. Ce recours est gratuit.
Pour comprendre ce qui se passe si vous avez du mal à tenir un plan de remboursement, consultez notre article sur que faire si vous ne pouvez plus rembourser votre plan de surendettement.
Et concrètement, que faire ?
Si vous n’avez pas encore déposé de dossier mais que vous vous retrouvez dans l’incapacité de faire face à vos dettes, deux ressources sont utiles avant tout :
- Notre guide complet du dossier de surendettement pour comprendre les étapes depuis le début.
- Un point sur votre situation avec un professionnel du crédit : il existe parfois des solutions de regroupement de crédits qui permettent d’éviter la procédure de surendettement en allégeant les mensualités.
Vous hésitez entre déposer un dossier de surendettement et tenter un regroupement de crédits ? Chez Crédit Leaf, cabinet de courtage indépendant en activité depuis 2003, nous analysons votre situation sans engagement pour vous orienter vers la solution la plus adaptée — y compris si ce n’est pas nous qui pouvons vous aider. Si vous vous posez encore la question, notre article sur les 3 raisons de faire appel à un courtier quand on est endetté peut vous aider à décider. Vous trouverez également comment travaille concrètement votre courtier en crédits pour comprendre notre démarche.
FAQ
Dois-je obligatoirement aller à la convocation de la commission ? Oui. Si vous ne vous présentez pas sans justification, la commission peut statuer en votre absence sur la base du dossier déposé — sans prendre en compte les éventuels changements de situation. Votre présence est donc dans votre intérêt.
Puis-je être accompagné lors du passage devant la commission ? Oui. Vous pouvez venir avec un proche ou un assistant social. Un avocat n’est pas nécessaire à ce stade — il intervient surtout si la décision est contestée devant le tribunal judiciaire.
Que se passe-t-il si je ne suis pas d’accord avec la décision ? Vous disposez de 30 jours pour contester la décision devant le tribunal judiciaire. Ce recours est gratuit et vous n’avez pas besoin d’avocat pour l’introduire, bien que ce soit recommandé.
La commission peut-elle effacer mes dettes en totalité ? Uniquement dans le cadre d’un rétablissement personnel, réservé aux situations d’insolvabilité totale et irrémédiable. La commission examine cette option en dernier recours. L’effacement concerne les dettes non professionnelles ; il n’est pas automatique et implique en général la liquidation des actifs non insaisissables.
Combien de temps dure la procédure après la commission ? La recevabilité du dossier est prononcée dans un délai de 3 mois. Le traitement complet (de la recevabilité à la mise en place d’un plan) prend généralement plusieurs mois supplémentaires, selon la complexité du dossier et les recours éventuels.
Sources officielles
- Service-public.fr — Surendettement : saisir la commission (procédure, convocation, déroulé)
- Service-public.fr — Déroulement de la procédure de surendettement
- Légifrance — Code de la consommation, Articles L. 711-1 et suivants (conditions de recevabilité, bonne foi, mesures)
- Banque de France — Le traitement du surendettement
Avertissement : Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager. Crédit Leaf — IOBSP, ORIAS n° 18002064, membre Courtensia (association agréée ACPR).
Rédigé par l’équipe Crédit Leaf — Cabinet de courtage indépendant en crédit et regroupement de crédit, Toulouse / Occitanie, en activité depuis 2003. Membre Courtensia (ACPR). ORIAS n° 18002064. Dernière mise à jour : 01/06/2026.






